L’ouverture de la bouche

Comme beaucoup de notions de technique vocale, l’ouverture de la bouche fait l’objet de recommandations très différentes dans les classes de chant et les répétitions de choeur.

Pourquoi ouvrir la bouche ?

L’ouverture de la bouche a 2 motivations :

  • Permettre une détente et un raccourcissement des muscles qui relient la mâchoire inférieure au larynx (notamment les sus-hyoïdiens qui relient la mâchoire à l’os hyoïde, lui-même lié au larynx), afin d’accroître la mobilité et la liberté du larynx (ce qui, vous l’aurez compris à la lecture du titre de ce blog, est une composante essentielle d’une technique vocale saine et efficace)
  • Ouvrir la fin du conduit sonore (en conjonction avec une ouverture du pharynx et de l’isthme du gosier) pour lui permettre d’agir en résonateur, afin d’enrichir la voix et de lui permettre de porter plus loin

A quel point ouvrir la bouche ?

J’ai entendu des choses très différentes sur ce sujet : il faut pouvoir mettre 2 doigts entre les dents, voire 3 doigts ; certaines personnes vont jusqu’à assouplir les muscles de la mâchoire en y plaçant un bouchon… au risque de déclencher une réaction inverse de crispation desdits muscles.

La recommandation de Cécile Fournier, dans son excellent ouvrage « La voix, un art et un métier » (malheureusement épuisé mais trouvable d’occasion en ligne), me paraît saine : dans le bas et le milieu de la tessiture, un écartement vertical limité suffit (dans mon cas, je peux insérer la largeur d’un doigt entre les deux rangées de dents). Il sera nécessaire de recourir à une ouverture verticale plus marquée dans l’aigu de la tessiture (ainsi que dans l’extrême grave) ; l’extrême aigu, notamment pour les voix de soprane, pourra nécessiter en outre l’ouverture des lèvres en largeur. Nathalie Dessay nous offre un exemple fascinant dans son interprétation de l’Air des clochettes (Lakhmé, de Delibes), particulièrement marqué à 1:21.

Comment ouvrir la bouche ?

N’ayons pas peur de marcher ici sur les traces du maître de philosophie de M. Jourdain, expert en évidences : l’ouverture verticale de la bouche se fait en relâchant partiellement ou totalement les muscles qui soutiennent la mâchoire inférieure et en laissant la gravité faire tomber cette dernière (ce qui n’est pas nécessairement aisé, dans la mesure où ces muscles sont mobilisés en permanence dans la vie courante pour maintenir la bouche fermée). On pourra au besoin accentuer cette ouverture, mais on évitera une ouverture forcée ou crispée, qui pourrait engendrer une crispation d’autres muscles voisins liés au larynx et gêner sa liberté de mouvement.

L’ouverture horizontale de la bouche dépend, elle, de la voyelle à chanter ; dans tous les cas, l’écartement des commissures des lèvres ne dépassera pas celui de leur position relâchée (qui est aussi l’écartement de la voyelle A). Je donnerai davantage d’indications dans un article à venir sur les voyelles.

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